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Marrakech, la ville rouge

Photo du rédacteur: catherine beroud
catherine beroud
22 oct.
3 min de lecture

Dernière mise à jour : 24 oct.

Marrakech ne se livre pas doucement. Elle vous saisit. La lumière ocre des remparts, les scooters qui se faufilent dans la médina,

les étals débordants des souks, les odeurs d’épices et, bien sûr, Jemaa el-Fna où se croisent voyageurs, marchands et spectacles

de rue. Une effervescence permanente, fascinante mais parfois étourdissante.

Et puis il suffit de pousser une porte pour découvrir une autre Marrakech.



La ville rouge, côté rue.

Dominant la médina depuis près de neuf siècles, la Koutoubia reste le grand repère de Marrakech. Autour d’elle commence un dédale de ruelles qui conduit vers Jemaa el-Fna et les souks.



Ici, tout sollicite le regard : tapis, lanternes, paniers, épices, céramiques, babouches… Marrakech cultive avec talent son image de ville orientale. Peut-être même un peu trop à certains endroits. Jemaa el-Fna notamment, donne aujourdh'ui le sentiment d’un immense théâtre touristique alors que ce n'était pas le cas lors de ma première visite il y a plus de 30 ans.

Mais cette agitation fait aussi partie de la ville. Pour découvrir une Marrakech plus subtile, il faut quitter les grands passages et regarder derrière les murs.


Derrière les portes, une autre Marrakech

C’est probablement là que Marrakech m’a le plus séduite.

Au palais de la Bahia, les patios, les zelliges, les plafonds de bois peint et les décors sculptés racontent tout le raffinement de l’architecture marocaine.

La médersa Ben Youssef (ancienne université) offre à son tour cette profusion de détails qui contraste avec la sobriété de ses murs extérieurs.

Même sensation au Jardin Secret : après le tumulte des souks, quelques pas suffisent pour retrouver l’eau, et les arbres.

C’est l’un des paradoxes de Marrakech : ses plus beaux endroits sont souvent invisibles depuis la rue. Derrière une façade discrète peuvent se cacher un riad, un patio, un jardin ou une terrasse ouverte sur les toits.


  • La Koutoubia
  • les jardins de la Mamounia
  • plafond d'une salle du palais Bahia
  • Intérieur de la Mamounia
  • jardin de la Mamounia
  • Medersa Ben Youssef
  • Le jardin secret
  • bassin dans le jardin secret

Une ville qui se réinvente

Marrakech ne vit pourtant pas uniquement de son passé. Les anciens riads deviennent maisons d’hôtes, les rooftops se multiplient et l’artisanat traditionnel inspire une nouvelle génération de créateurs.

Même les grandes institutions participent à cette rencontre des époques. À La Mamounia, jardins, architecture marocaine et art de vivre prolongent une certaine image de Marrakech, tandis qu’ailleurs la ville adopte des codes beaucoup plus contemporains.


Riad ou Dar ?

À Marrakech, derrière les murs aveugles de la médina se cachent deux formes traditionnelles d’habitat que l’on confond souvent :

le dar et le riad.

Tous deux sont organisés autour d’un espace intérieur, protégés des regards et tournés vers le cœur de la maison plutôt que vers la rue. La différence tient principalement à cet espace central : le riad est traditionnellement construit autour d’un jardin intérieur planté, souvent structuré en quatre parterres autour d’une fontaine ou d’un bassin mais certains n'ont pas d'espace d'eau.

Le dar, lui, s’organise plutôt autour d’une cour ou d’un patio, avec ou sans eau, mais sans jardin.

Aujourd’hui, la frontière est devenue beaucoup moins nette :

dans le tourisme, de nombreuses maisons d’hôtes portent le nom

de « riad », quelle que soit leur architecture d’origine.

Riad : photo de gauche

Dar : photo de droite



C’est peut-être finalement ainsi qu’il faut découvrir Marrakech :

ne pas chercher une seule ville. Accepter son agitation, puis s’en échapper. Passer des souks à un jardin, d’une ruelle encombrée à un patio silencieux, d’une médersa séculaire à un rooftop.

Et lorsqu’on quitte enfin ses murs pour prendre la route vers l’Atlas, le décor change encore. La ville rouge s’efface, les montagnes apparaissent et, derrière elles, commence une autre histoire :

celle des kasbahs et d’Aït-Ben Addou. Histoire à suivre !


Recette inspirée par cet Horizon


lien à suivre

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